Periamma & moi

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 26/09: Voilà quelques jours que je suis arrivée en France et tout va bien! Mis à part un petit retard de l'avion au départ de Londres, le trajet s'est passé comme prévu et j'ai pu retrouver ma famille et mes ami-e-s. Je n'ai pas eu de gros choc en rentrant mais c'est vrai que j'ai parfois encore du mal que je suis en France et plus à Chennai. Il y aura sûrement un contre-coup quand le temps se fera gris et maussade et que les vacances se termineront pour de bon, mais pour le moment, je profite.

Demain, je rencontre les élèves du collège de Montalieu pour la restitution de mon voyage! Je suis impatiente et j'espère qu'ils auront plein de questions à me poser! J'en reparlerai évidemment bientôt.

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04 octobre 2013

Ca s'est passé au collège de Montalieu!

 

 

 

Voilà deux semaines que je suis rentrée d'Inde, cela me paraît difficile à croire! Beaucoup de choses m'attendaient à mon retour: les visites aux amis, la famille, une recherche d'appartement, un nouveau travail ...tout cela ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour écrire sur le blog ou pour penser à l'Inde!

Heureusement, j'ai pu me replonger un peu dans mon voyage la semaine dernière avec les collégiens de Montalieu lors d'une restitution que nous avions prévue avec l'équipe pédagogique du collège. Vendredi dernier, j'ai donc fait une petite présentation aux élèves pour leur raconter ce qui m'avait marqué, ce que j'avais aimé, ce que j'avais trouvé dur etc...et j'ai eu la joie de répondre à leurs nombreuses questions. J'ai  vraiment été ravie de l'enthousiasme des élèves et des professeur-e-s qui avaient participé.

Après la rencontre, les élèves présents ont eu le droit à un petit verre offert par la direction de l'établissement pour clôturer tous ensemble le projet. Voici quelques photos de ce moment convivial!

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19 septembre 2013

Ca se passe en Inde (dernier acte)

Avant de faire le bilan de mes huit mois en Inde, je prends un peu de temps pour vous raconter comment j’ai passé mes derniers jours ici. Après deux jours à Chennai consacrés à la finition de mes projets pour Periamma, je suis partie jeudi dernier pour une dernière excursion au Tamil Nadu. Je suis d’abord allée à Gingee où j’ai passé mon temps entre l’école et la maison de Dhanam, la cuisinière de l’école. Là bas, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs de ses nouvelles voisines et toutes ensemble, elles ont décidé qu’il était temps de me « décorer » au hénné. Chacune a pris le temps de me laisser une petite marque et après deux heures, mes mains, mes pieds et mon bras droit étaient couverts de petits dessins traditionnels. C’était un très bon moment d’autant plus que je savais que c’était mes dernières heures avec Dhanam. Après, il a fallu dire au revoir à tout le monde, Dhanam, John, les trois professeures, Suriya, Prema et Vinarasi ainsi qu’aux enfants…mais ces derniers, on s’en doute, n’ont pas vraiment compris la sérénité du moment ! 

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Dernière photo de Gingee: le rickshaw bondé d'où sort la tête de Prema

Après cela, je me suis rendue à Tiruvannamalai afin de rendre visite à deux projets : le ALC School project mené par un Mr Sundar et son équipe et l’organisation POPE dirigée par Mr Rosario. Ces deux organisations travaillent en faveur des dalits (les individus oppressés par le système de castes) pour leur donner accès à l’éducation et à la culture et pour améliorer leur perception d’eux-mêmes. Ces visites ont été très instructives et inspirantes, j’ai rencontré des personnes passionnantes, notamment une jeune femme appelée Gandhi Marie qui travaille pour le ALC school project et qui m’a impressionnée par son indépendance et son esprit critique ou encore Mr Rosario qui a pu me raconter comment lui et ses camarades de classe avaient lancé un mouvement pour lutter contre les oppressions faites aux dalits. Avec ce dernier, j’ai visité deux centres hébergeant des jeunes filles et des jeunes garçons issu-e-s de ses groupes dalits, et j’ai eu le droit à deux spectacles mêlant chants, danse et percussions ! J’ai vraiment passé un bon moment et je suis partie du campus le sourire aux lèvres et les mains pleines de beaux dessins !

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P1100024Danses et percussions au programme

J’en profite pour signaler le super travail de l’association aSIa qui est la partenaire en France de Pope. L’association "vise à venir en aide à des familles défavorisées d'Inde du Sud, notamment dans les domaines de l'éducation et de la santé, avec un accent particulier pour la défense des droits des dalits". C’est sa directrice, Mme Agnes Müller qui m’a suggéré de visiter le campus et je la remercie !

Outre les visites, j’ai pu aller voir en compagnie de Gandhi Marie le temple de Tiruvannamalai qui est très impressionnant ! Malheureusement, il s’est mis à pleuvoir fortement peu de temps après qu’on y soit arrivées et mes photos ne ressemblent donc pas à grand-chose.  Pour avoir une idée de ce beau temple, je vous conseille de jeter un œil sur le message de Marionrocks qui est illustré de belles photos ! Pour finir en beauté ma visite à Tiruvannamalai, j'ai eu la chance d'être invitée dans deux maisons indiennes pour le dîner et le petit déjeuner. Comme d'habitude, j'ai été très bien accueillie et j'ai mangé de délicieux plats.

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P1090983Repas avec deux familles très accueillantes

Après une étape à Thanjavur dont je parlerai dans mes carnets de route, j’ai terminé ma ronde par Parangipettai où j’ai passé un peu moins d’une journée. Là-bas, j’ai pu prendre le temps de dire au revoir à l’équipe de Seva Mandir et de discuter de la continuation des projets (notamment de la gestion de la donation faite par le collège et l’école primaire de Montalieu Vercieu). Là encore, j’ai essayé de dire aussi au revoir aux filles mais bon avec plus de 2000 élèves, la tâche n’a pas été facile. En plus, avec mon niveau lamentable de tamil, j’ai eu un peu du mal à expliquer aux élèves que je croisais que je partais pour de bon…Mais l’’important c’est que je peux garder en tête leur sourire quand elles m’ont dit au revoir.

Voilà maintenant, je me trouve à Chennai après avoir passé ma journée à droite et à gauche pour finir tout ce que j’avais à faire. Mon sac est prêt, mon billet imprimé et dans quelques heures, un taxi va venir me chercher pour m’amener à l’aéroport. C’est une sensation très étrange et je crois que malgré l’éminence de mon départ, je ne réalise toujours pas que cette fois, c’est bien le moment de partir. Cela sera sûrement un peu dur mais je suis impatiente de revoir ma famille et mes amis et je sais que ce que tout ce que j’ai vécu ici restera ancré dans ma mémoire.

La vie du blog va se prolonger encore un petit peu au-delà de mon retour en France afin que je puisse publier quelques nouveaux messages, terminer les séries que j’ai commencées (Une ville à travers les sens, Carnets de routes …) et pour informer les lecteurs de l’utilisation précise de l’argent collecté par le collège et l’école primaire. D’ici là, vous êtes les bienvenus pour me livrer vos suggestions et commentaires sur tout ce que j’ai pu écrire ou pour me poser des questions sur cette aventure indienne !

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18 septembre 2013

Carnets de route - Le Rajasthan

 

 Il serait difficile, à mon avis, de ne pas aimer le Rajasthan tant il offre à nous les touristes ce que nous sommes venus chercher en Inde : de l’exotisme, de magnifiques bâtiments, des logements de qualité et tout un tas d’objets traditionnels (ou non) qu’on peut acheter à un prix dérisoire. Cela explique sans doute pourquoi la région est une des plus visitée de l’Inde et pourquoi une grande partie des idées que l’on se fait en Europe de ce pays (Maharaja, palais, tissus brodés, turban…) proviennent en fait de cette région.

Malgré une légère impression de déjà vu et malgré 7 mois de vie en Inde, ce voyage au Rajasthan m’a dépaysé. Les habits, les gens, la langue, les pratiques, la nourriture, l’architecture…tout cela m’a paru bien différent de ce que j’avais vu dans les alentours de Chennai. D’ailleurs, les indien-ne-s  eux-mêmes vous le diront – parfois de façon un peu extrême- il n’y a rien à voir entre le Nord et le Sud ! Je ne suis pas exactement de cet avis ; il y a bien quelques constantes (le bruit, les odeurs, les embouteillages, les couleurs) mais il est vrai que le Rajasthan m’a donné une impression différente de l’Inde, comme si tout était accentué : plus coloré, plus pauvre, plus traditionnel, plus violent, parfois plus charmant…

Je garderai du Rajasthan un excellent souvenir même si je sais qu’en deux semaines, je n’ai vu qu’une minuscule partie de ce que la région a à offrir. Pour vous donner une idée, j’ai décidé de vous présenter mes trois coups de cœur ; ceux qui ont déjà visité le Rajasthan penseront sûrement que je ne suis pas allée les chercher bien loin ; quant à ceux qui n’y sont pas allés, j’espère que cela leur donnera envie de s’y rendre!

Jal Mahal (Amber Palace) à Jaipur

Le Jal Mahah, construit à la fin du XVIe siècle par Raja Man Singh au sein de la forteresse d’Amber, est le premier palais que nous ayons visité en arrivant au Rajasthan, c’est peut être pourquoi j’en garde un si bon souvenir. Je n’avais jamais rien vu de tel (à part en photo, mais ça ne compte pas) et j’ai été émerveillée par la beauté de l’endroit. En arrivant par la route de Jaipur, nous avons découvert progressivement un magnifique ensemble : un palais construit sur une colline, surplombant un lac, le tout entouré de fortifications. Une fois descendus du minibus bondé, nous avons dû un peu grimper pour rentrer dans le fort par la porte du soleil (si on est riche et/ou flémard, on peut toujours monter en éléphant mais bon..) et admirer de loin les belles façades du palais. Une fois entrés dans le palais en tant que tel, nous avons pu, munis de notre audio-guide, découvrir les différentes parties du palais  avec entre autres le hall des audiences publiques (Diwan i Amm), celui des audiences privées (Diwan I Khas), la chambre de la mousson (Sukh Niwas), le jardin des femmes, le Zenana un lieu réservé aux femmes du palais où les hommes (à part le Maharaja) étaient interdits d’accès. Quand j’y pense, je ne sais pas ce qui m’a le plus plu dans cette visite entre les colonnes et les façades finement sculptées, les procédés ingénieux pour gérer l’eau et la chaleur ou les petits couloirs où il est agréable de se perdre. Ce qui est sûr, c’est que je ne regrette pas cette visite qui m’a permis de voir un bel exemple de l’architecture rajpoute et d’en apprendre un peu plus sur la vie des femmes, des artistes du palais, de la cour et du Maharaja lui-même.

P1080739Hall des audiences privées et jardin

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Façades ciselées derrière lesquelles les femmes du palais observaient la vie de l'extérieur

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 Vue du palais sur la ville d'Amber

Jaisalmer

C’est après un bus de nuit assez miteux que nous sommes arrivés à Jaisalmer. Après s’être fait « harcelés » par les rabatteurs des hôtels comme le veut la coutume, on a enfin pu lever nos yeux endormis sur ce qui se trouvait devant nous : une forteresse magistrale s’élevant au dessus d’une ville couleur sable.

Construite entre le XIIe et le XVIe siècle, la forteresse de Jaisalmer se trouve à proximité du désert du Thar et de la frontière du Pakistan. Tout autour des fortifications s’étend la ville avec un partie moderne et une partie ancienne, cette dernière offrant un dédale de petites rues charmantes bordées de nombreuses Havelis (des maisons très élaborées construites à partir du XVIIIe siècle par de riches marchands).

Jaisalmer est une ville très touristique comme on le remarque par l’omniprésence des guesthouse, des restaurants offrant de la nourriture soi-disant occidentale et les très nombreux marchands vendant des pantalons avec des motifs d’éléphants (une preuve infaillible de la popularité d’un endroit en Inde). Pour autant, une fois passée la zone centrale, il est facile de se perdre dans le labyrinthe des petites rues et d’être témoin de scènes bien authentiques (parties de carte entre papys, lessive, marché, discussions animées…). Outre la beauté de la forteresse et de sa ville ancienne, Jaisalmer offre un magnifique ensemble de temples jaïns datant du XVe siècle où on peut voir des colonnes finement ciselées et de très belles sculptures.

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Temple jaïns

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Vue des fortifications sur la ville

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Ensemble d'havelis remarquables construits par un marchand pour ses 5 fils

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Arrivée dans la forteresse de Jaisalmer

Enfin Jaisalmer, en raison de sa proximité avec le désert du Thar, s’est spécialisée  dans l’offre de camel safari, des excursions en chameau dans le désert prisées par les touristes. Comme (presque) tout le monde, nous avons tenté l’expérience et nous sommes revenus avec un sentiment un peu mitigé, il faut le dire. Les plus : avoir l’impression pendant quelques heures d’être un-e aventurier-e, l’opportunité de traverser des villages reculés pour voir les modes de vie des habitants du désert du Thar, observer le coucher de soleil  et avoir la chance de dormir à la belle étoile sous un ciel clair et étoilé. Les moins : se retrouver avec des chameliers non-professionnels qui semblent assez ennuyés d’être là (l’un deux se révèlera être un berger…bon.), se faire disputés par les enfants des villages traversés parce qu’on ne leur donne pas d’argent, se sentir coupable de charger/d’utiliser ces pauvres chameaux juste pour se donner un petit frisson, se rendre compte au bout d’une heure que faire du chameau, c’est douloureux !

Malgré tout, je ne regrette pas l’expérience. Je pense que c’est bien d’essayer au moins une fois quitte à se dire comme moi qu’on ne m’y reprendra plus ! Je garderai un très bon souvenir de cette nuit dans le désert et j’espère revivre une telle expérience, seulement de façon différente.

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Ou que l'on soit en Inde, il y a toujours quelques chèvres qui sortent de derrière les fagots (ou buissons)

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Pas de commentaire...

 

Le fort de Bundi

Dernière sur la liste de nos étapes, la ville de Bundi a réussi à clore en beauté notre voyage au Rajasthan. Connue comme « la cité des Sources » en raison de la présence de nombreux puits impressionnants, Bundi est une ville vivante et colorée où il est agréable de flâner. Du centre ville, on remarque deux constructions imposantes, le Garh palace et le fort de Taragarh, c’est ce dernier que nous avions décidé de visiter le dernier jour. Ce fort datant du XIXe est à l’abandon depuis assez longtemps ce qui explique l’omniprésence de mauvaises herbes et de singes. Pour éviter toute attaque de ces derniers, les locaux conseillent de se munir d’un bâton (qu’on peut acheter pour 20 roupies devant le fort). L’idée n’est pas de s’en servir comme une arme mais plutôt comme un moyen de dissuader les groupes de singes de s’approcher en tapant le sol avec.  Au début, nous étions un peu perplexes, mais après avoir traversé un endroit où une quinzaine de singes se trouvaient sans se faire ennuyer, on s’est dit que c’était efficace. Nous avons donc pu commencé sereinement l’ascension vers le sommet du fort accompagnés d’un chien venu se joindre à nous quelques minutes après notre départ. En suivant le chemin, nous avons traversé d’anciennes parties en ruine où il régnait une atmosphère paisible. En deux heures de visite, nous n’avons croisé qu’un groupe de trois personnes et nous avons donc pu nous balader tranquillement dans ses anciens bâtiments, grimper sur le toit et sur les fortifications et essayer de décrypter les nombreux graffitis inscrits sur les murs. Une fois arrivée à la tour la plus haute du fort, nous avons été récompensés par la belle vue qui s’offrait à nous : les constructions bleutées de Bundi entourées par les montagnes et par deux étendues d’eau. Après il a fallu redescendre pour se préparer au retour mais avec des images plein la tête !

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Deux singes qui se font la tête

P1090831Vue sur la ville bleue

P1090858La ville, les montagnes, le réservoir et un puit à sec

P1090847Une cour intérieure

P1090851Façade d'une des parties en ruine (des restes de fresques sont visibles)

P1090875Les remparts d'où on peut observer la belle vue

 Prochaines et dernière étapes: le Kerala et le Tamil Nadu

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11 septembre 2013

Carnets de route - Le Maharashtra

Voilà quasiment un mois que je me suis absentée de mon blog. Certains d’entre vous se sont peut être demandés si je l’avais abandonné..mais non ! Il y a une bonne raison à ce long silence, pendant un peu plus d’un mois, je suis partie sur les routes indiennes explorer  différentes régions de ce grand pays, tout cela loin des ordinateurs et des connexions internet. Me voilà donc de retour à Chennai pendant quelques jours et je profite de ce petit moment pour vous faire un petit résumé de ce que j’ai vu ces dernières semaines. L’idée n’est pas de faire un compte rendu précis mais plutôt de vous faire découvrir les endroits que j’ai vus et aimés et qui sait, vous donner envie d’explorer l’Inde à votre tour ! Première partie de ces carnets de route, le Maharashtra où je me suis rendue en compagnie de ma soeur venue me rendre visite. Un train de 22 heures nous a amené à Bhusawal et de là, nous sommes parties visiter les grottes d’Ajanta.

Inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, ces grottes sont l’œuvre de bouddhistes qui ont creusé la roche volcanique et ont orné les murs de magnifiques fresques. Si les grottes furent d’importants lieux d’activité religieuse pendant plusieurs siècles (du II av JC – IXe siècle ap JC), elles tombèrent dans l’oubli et furent enfouies sous la végétation pendant près de 1000 ans jusqu’à ce qu’un groupe de britanniques les redécouvrent lors d’une partie de chasse !

L’ensemble d’Ajanta a été réalisé à deux époques différentes : la première partie a été commencée au IIè siècle avant JC et une seconde partie est venue s’ajouter à la première au IVe siècle. Les années passant, d’autres fresques et améliorations sont venues s’ajouter à l’ensemble. On trouve à Ajanta deux sortes de grottes : les Vihâra, des lieux d'habitations pour les moines et les caitya, les sanctuaires. Les premières sont de grandes salles carrées qui ouvrent sur de petites cellules tandis que les secondes ont un plan absidial, c'est-à-dire des salles en demi-cercle surmontées d’une voûte.

Même s’il n’est pas facile de comprendre tous les éléments de l’ensemble, j’ai trouvé que le site d’Ajanta était magnifique. L’architecture des grottes est sobre mais malgré tout impressionnant et les fresques qui ornent les murs sont tout simplement splendides. On y découvre beaucoup d’éléments donnant des détails sur la vie de l’époque (danse et musique, vie quotidienne, vie de la cour etc…) et on ne peut que s’émerveiller  de la finesse du trait des artistes. Outre l’architecture et les fresques, Ajanta offre en plus une belle nature environnante avec une rivière longeant le site et des grands espaces verdoyants tout autour.

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P1070299Deux fresques se trouvant sur les murs des grottes les plus récentes

P1070289Bouddha en méditation

P1070330Une des grottes les plus anciennes au plan absidial

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Un des magnigfiques pilliés sculptés (grottes récentes)

P1070341Vue d'ensemble sur les grottes lorsqu'on escalade la petite colline qui leur fait face

Cette première visite nous a bien plus et pour continuer dans notre lancée, on alla visiter les grottes d’Ellora, elles aussi inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Le site d’Ellora est très différent de celui d’Ajanta : il est plus récent (construit entre le Ve et Xe siècle) et n’est jamais tombé dans l’oubli. En plus de grottes bouddhiques, il compte des grottes hindoues et jaïns et sa construction est très différente : les grottes sont plus ouvertes sur l’extérieur et sont réparties sur un peu plus de deux kilomètres.

Ce qui m’a le plus marqué lors de cette visite est sans aucun doute le temple de Kailasanatha (grotte 16), une construction massive influencée par le style dravidien (on trouve des similarités avec les temples de Mahaballipuram). La visite vaut la peine pour la beauté de l’architecture et des sculptures mais aussi pour la joyeuse animation qui y règne : un mélange de touristes indiens et étrangers venus s’émerveiller devant les éléphants sculptés, se prendre en photo et prier.

Si le reste des grottes est tout aussi marquant, je dois tout de même dire que  j’ai préféré la visite d’Ajanta en raison du calme et de la sérénité qui y règne. Il semble que les grottes d’Ellora attirent beaucoup plus de monde (et de singes) et j’ai personnellement trouvé que cela leur faisait un peu perdre leur charme et leur mystère.

 

P1070366Le temple pris de la gauche de l'entrée

P1070369Des éléphants sculptés bordent le temple, ceux là sont bien conservés

P1070373Le sanctuaire toujours actifs où les hindou-e-s viennent prier et faire des donations

Pour de bien plus belles photos du temple, vous pouvez aller voir par ici

Après les grottes, on se rendit à Mumbai à bord d'un train grouillant de cafards (petits heureusement…) qui nous arrêta à la gare de Dadar, un quartier très authentique de Mumbai.  Après deux jours dans la campagne du Maharastra, on fut frappé par l’animation, le bruit et les odeurs de cette grande ville qui compte aujourd’hui 18.4 millions d’habitants (ça change de Montalieu !). Je dois l’avouer, au début, je n'ai pas eu l'impression que Mumbai était si différente de Chennai. Comme toute ville indienne, c'est bruyant, chargé, mouvementé et souvent épuisant! Mais après qu’on se soit rapprochés du centre ville, j'ai compris ce qui rendait Mumbai orginiale.

D’un point de vue d’urbanisme et d’architecture, Mumbai semble avoir été bien plus marquée par l’influence britannique que Chennai. Quand on se promène en ville, on est surpris par le nombre de bâtiments néogothiques (construits au XIXe siècle par les britanniques): entre la gare Victoria, l’université, la High court ou la mairie, on a parfois l’impression d’être au beau milieu de Londres ! De nombreuses rues rappellent aussi la capitale britannique notamment celles se trouvant à proximité du quartier du fort avec leurs espaces aérés, leurs bâtiments victoriens et leurs jardins. Loin d’être désagréables, ces rues donnent l’occasion à de belles balades car, oui , elles ont pour la plupart des trottoirs !

 

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Une rue de Mumbai: dans le centre pas de rickshaws mais des taxis (qui mettent le compteur donc ça va!)

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The Gateway of India, une porte massive construite à partir de 1915 pour commemorer la visite de Charles V

L’atmosphère de la ville est aussi très différente de celle de Chennai. Il ne faut que quelques minutes pour remarquer que la capitale du Maharastra – ou du moins son centre ville - est beaucoup plus occidentalisé que Chennai. Cela se voit par les tenues : jeans, shorts, débardeurs et mini-jupes sont omniprésents à Bombay (j’en ai parlé ici) mais aussi par l’importante offre de nourriture occidentale : pizza, pâtes mais aussi petits pains, pâtisseries, saumon (de Norvège !), quinoa etc…En outre la ville semble offrir un plus large choix d’évènements et d’activités culturels : on trouve de belles galeries d’artistes contemporains, des concerts de musiques variées, des ateliers créatifs, bref ce dont beaucoup rêvent à Chennai.

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Au loin, le quartier des affaires...il faisait gris et la photo est penchée mais bon...

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Les jardins suspendus construits sur un ancien réservoir d'eau

Alors Mumbai, la ville indienne où il fait bon vivre ? Personnellement, je serais plutôt tentée de répondre non… Si nous avons bien pu profiter de la ville, nous avons tous trois été choqués et gênés par les regards évocateurs de groupes de jeunes hommes dont nous avons été victimes. En 7 mois en Inde, je m’étais habituée aux regards curieux, surpris, parfois un peu insistants des indiens et indiennes du Sud mais à Mumbai, je me suis vraiment sentie scrutée de façon désagréable, comme si, pour le dire crûment, j’étais un bout de viande. En trois jours, nous avons eu droit à tout un lot de regards évocateurs, de remarques murmurées en hindi à notre passage, de clins d’oeil et même de propositions franches : au milieu d’une rue, un jeune d’un quinzaine d’années nous à lancé un « Do you want to f**k ? » (inutile de traduire pour ceux qui ne parlent pas anglais, ils peuvent imaginer  la teneur du propos !).

Finalement, ce n’est que en sortant du centre ville et en nous dirigeant vers les quartiers des bazaars, bien plus populaires, que nous nous sommes sentis plus à l’aise. Là-bas, nous avons certes attiré des regards, mais ils étaient bien plus inoffensifs que ceux qu’on rencontra dans le centre… Je garde donc de Mumbai un sentiment contrastré : j’ai apprécié la ville, ses couleurs et son animation mais tout cela a été partiellement gâché par la violence palpable de la ville environnante, violence qui apparaît dans les regards, dans les gestes et dans les mots. C'est dommage, car la ville mérite vraiment d'être visitée!

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Quartier à proximité des bazaars où on peut voir de très belles mosquées

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Dhobi Ghat, une immense laverie à ciel ouvert

Prochain carnet de route: le Rajasthan!

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