Voici, enfin, le dernier volet de la série sur les moyens de transport dans Chennai.

Le taxi : Même si le taxi est plus accessible en Inde qu’en Europe, cela reste un moyen de locomotion assez cher. Les conducteurs sont censés mettre en route leur compteur dès qu’ils démarrent mais en fait il faut leur rappeler la plupart du temps, sinon à la fin, ils peuvent vous demander un prix exorbitant. En fait, les taxis à Chennai fonctionnent un peu comme les rickshaws : il faut marchander et bien vérifier qu’ils connaissant la route. La première semaine, je me suis pas mal déplacée en taxi et à chaque fois, les chauffeurs ont été incapables de m’amener au bon endroit ! J’en ai déduit qu’ils n’étaient pas spécialement fiables et qu’il fallait mieux apprendre rapidement comment le bus marchait.

Par contre, les taxis peuvent être pratiques quand on doit se rendre à un endroit (comme l’aéroport) au milieu de la nuit ou le matin très tôt car il est assez difficile de trouver un rickshaw aux heures tardives. Dans ces cas là, il faut appeler une des compagnies et demander qu’un taxi vienne devant chez soi. Le problème, dans mon cas, c’est que les taxis se perdent toujours en route et comme ils ne parlent pas souvent anglais (et que je ne parle toujours pas tamil), c’est un vrai casse-tête pour leur expliquer la route !

Même si je ne suis pas une grande fan de ce moyen de locomotion, je conseille toutefois de faire l’expérience au moins une fois de monter dans une Ambassador, une voiture carrément rétro et typique de l’Inde. Cette voiture d’origine anglaise est surnommée « The king of Indian roads » (le roi/la reine ? des routes indiennes) ce qui se comprend vu le nombre d’Ambassador que l’on voit ici ! L’intérieur est en général assez confortable et on a un peu l’impression de faire un petit voyage à travers le temps !

photo de wikipédia

La moto, scooter et mobylette: Il y a à Chennai un nombre incroyable de deux roues. Parfois j’ai même l’impression qu’ils sont plus nombreux que les voitures. En tout cas, il est certain qu’une moto ou un scooter est plus abordable qu’une voiture pour les indiens « normaux », en raison du prix de base et de la moindre consommation d’essence.

 Ce qui est drôle ici, c’est que les Indien-ne-s utilisent leur deux-roues d’une façon très différente de  la nôtre. Déjà, il n’y a pas l’air d’avoir de loi obligeant le port du casque, du coup, une majorité de motard-e-s roule les cheveux au vent. L’autre chose, c’est que la place sur les deux-roues est beaucoup mieux rentabilisée qu’en Europe : que ce soit pour transporter des gens ou des objets, les deux-roues sont souvent chargés au maximum. Ainsi il n’est pas rare de voir trois, quatre, cinq (et plus si affinités) personnes sur une même moto ! En fait, je crois que les gens en Inde utilisent leur deux roues comme on utiliserait notre voiture en Europe : ils partent en excursion, font les courses et déménagent avec ( si si, c’est vrai !).  Du coup, cela m'a donné la chance de voir des scènes très drôles sur les routes de Chennai : Deux hommes sur un scooter avec deux chèvres, deux adolescents avec un télé à écran plat et deux tuyaux de trois mètres de long ou un homme transportant des dizaines des casseroles derrière lui. Malheureusement, je manque souvent de réactivité et je n’ai pas réussi à prendre de belles photos mais j’ai pu trouvé une carte postale donnant une petite idée de ce qu’on voit ici !

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P1040553Un motard bien chargé

P1040541C'est assez drôle de voir que les enfants n'ont jamais l'air d'avoir peur, d'ailleurs, on les voit souvent endormis sur la moto

P1040548Déplacement familial

PS : Moi aussi j’ai fait l’expérience de la moto à trois ! Encore une drôle d’expérience :)

La voiture : Ce qui m’a frappée quand je suis arrivée, c’est le nombre de « grosses » voitures que l’on voit ici (genre 4x4) qui ont tendance à nous rappeler que même cachée, la richesse est bien là. D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de monter dans la voiture d'un jeune homme faisant partie de la jeunesse dorée de Chennai. Une fois les portes fermées, la clim et le rap américain à fond m'ont fait me sentir bien loin de l'effervescence des rues. C'était comme regarder un film sans son: je pouvais voir les gens et les rickshaws mais le bruit des moteurs, l'odeur de la rue et la moiteur de la ville, ne me parvenaient plus.

Il est aussi intéressant de noter qu'une majorité d'expatriés ont un chauffeur à leur service! Cela peut paraître exagéré mais cela vient en fait des compagnies elles-mêmes qui interdisent leurs employés étrangers de conduire en Inde en raison des nombreux dangers liés à la conduite indienne. J'imagine que cela peut être pratique mais cela peut aussi faire perdre l'occasion de faire de drôles expériences comme le bus et le rickshaw!