Voilà quasiment un mois que je me suis absentée de mon blog. Certains d’entre vous se sont peut être demandés si je l’avais abandonné..mais non ! Il y a une bonne raison à ce long silence, pendant un peu plus d’un mois, je suis partie sur les routes indiennes explorer  différentes régions de ce grand pays, tout cela loin des ordinateurs et des connexions internet. Me voilà donc de retour à Chennai pendant quelques jours et je profite de ce petit moment pour vous faire un petit résumé de ce que j’ai vu ces dernières semaines. L’idée n’est pas de faire un compte rendu précis mais plutôt de vous faire découvrir les endroits que j’ai vus et aimés et qui sait, vous donner envie d’explorer l’Inde à votre tour ! Première partie de ces carnets de route, le Maharashtra où je me suis rendue en compagnie de ma soeur venue me rendre visite. Un train de 22 heures nous a amené à Bhusawal et de là, nous sommes parties visiter les grottes d’Ajanta.

Inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, ces grottes sont l’œuvre de bouddhistes qui ont creusé la roche volcanique et ont orné les murs de magnifiques fresques. Si les grottes furent d’importants lieux d’activité religieuse pendant plusieurs siècles (du II av JC – IXe siècle ap JC), elles tombèrent dans l’oubli et furent enfouies sous la végétation pendant près de 1000 ans jusqu’à ce qu’un groupe de britanniques les redécouvrent lors d’une partie de chasse !

L’ensemble d’Ajanta a été réalisé à deux époques différentes : la première partie a été commencée au IIè siècle avant JC et une seconde partie est venue s’ajouter à la première au IVe siècle. Les années passant, d’autres fresques et améliorations sont venues s’ajouter à l’ensemble. On trouve à Ajanta deux sortes de grottes : les Vihâra, des lieux d'habitations pour les moines et les caitya, les sanctuaires. Les premières sont de grandes salles carrées qui ouvrent sur de petites cellules tandis que les secondes ont un plan absidial, c'est-à-dire des salles en demi-cercle surmontées d’une voûte.

Même s’il n’est pas facile de comprendre tous les éléments de l’ensemble, j’ai trouvé que le site d’Ajanta était magnifique. L’architecture des grottes est sobre mais malgré tout impressionnant et les fresques qui ornent les murs sont tout simplement splendides. On y découvre beaucoup d’éléments donnant des détails sur la vie de l’époque (danse et musique, vie quotidienne, vie de la cour etc…) et on ne peut que s’émerveiller  de la finesse du trait des artistes. Outre l’architecture et les fresques, Ajanta offre en plus une belle nature environnante avec une rivière longeant le site et des grands espaces verdoyants tout autour.

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P1070299Deux fresques se trouvant sur les murs des grottes les plus récentes

P1070289Bouddha en méditation

P1070330Une des grottes les plus anciennes au plan absidial

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Un des magnigfiques pilliés sculptés (grottes récentes)

P1070341Vue d'ensemble sur les grottes lorsqu'on escalade la petite colline qui leur fait face

Cette première visite nous a bien plus et pour continuer dans notre lancée, on alla visiter les grottes d’Ellora, elles aussi inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Le site d’Ellora est très différent de celui d’Ajanta : il est plus récent (construit entre le Ve et Xe siècle) et n’est jamais tombé dans l’oubli. En plus de grottes bouddhiques, il compte des grottes hindoues et jaïns et sa construction est très différente : les grottes sont plus ouvertes sur l’extérieur et sont réparties sur un peu plus de deux kilomètres.

Ce qui m’a le plus marqué lors de cette visite est sans aucun doute le temple de Kailasanatha (grotte 16), une construction massive influencée par le style dravidien (on trouve des similarités avec les temples de Mahaballipuram). La visite vaut la peine pour la beauté de l’architecture et des sculptures mais aussi pour la joyeuse animation qui y règne : un mélange de touristes indiens et étrangers venus s’émerveiller devant les éléphants sculptés, se prendre en photo et prier.

Si le reste des grottes est tout aussi marquant, je dois tout de même dire que  j’ai préféré la visite d’Ajanta en raison du calme et de la sérénité qui y règne. Il semble que les grottes d’Ellora attirent beaucoup plus de monde (et de singes) et j’ai personnellement trouvé que cela leur faisait un peu perdre leur charme et leur mystère.

 

P1070366Le temple pris de la gauche de l'entrée

P1070369Des éléphants sculptés bordent le temple, ceux là sont bien conservés

P1070373Le sanctuaire toujours actifs où les hindou-e-s viennent prier et faire des donations

Pour de bien plus belles photos du temple, vous pouvez aller voir par ici

Après les grottes, on se rendit à Mumbai à bord d'un train grouillant de cafards (petits heureusement…) qui nous arrêta à la gare de Dadar, un quartier très authentique de Mumbai.  Après deux jours dans la campagne du Maharastra, on fut frappé par l’animation, le bruit et les odeurs de cette grande ville qui compte aujourd’hui 18.4 millions d’habitants (ça change de Montalieu !). Je dois l’avouer, au début, je n'ai pas eu l'impression que Mumbai était si différente de Chennai. Comme toute ville indienne, c'est bruyant, chargé, mouvementé et souvent épuisant! Mais après qu’on se soit rapprochés du centre ville, j'ai compris ce qui rendait Mumbai orginiale.

D’un point de vue d’urbanisme et d’architecture, Mumbai semble avoir été bien plus marquée par l’influence britannique que Chennai. Quand on se promène en ville, on est surpris par le nombre de bâtiments néogothiques (construits au XIXe siècle par les britanniques): entre la gare Victoria, l’université, la High court ou la mairie, on a parfois l’impression d’être au beau milieu de Londres ! De nombreuses rues rappellent aussi la capitale britannique notamment celles se trouvant à proximité du quartier du fort avec leurs espaces aérés, leurs bâtiments victoriens et leurs jardins. Loin d’être désagréables, ces rues donnent l’occasion à de belles balades car, oui , elles ont pour la plupart des trottoirs !

 

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Une rue de Mumbai: dans le centre pas de rickshaws mais des taxis (qui mettent le compteur donc ça va!)

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The Gateway of India, une porte massive construite à partir de 1915 pour commemorer la visite de Charles V

L’atmosphère de la ville est aussi très différente de celle de Chennai. Il ne faut que quelques minutes pour remarquer que la capitale du Maharastra – ou du moins son centre ville - est beaucoup plus occidentalisé que Chennai. Cela se voit par les tenues : jeans, shorts, débardeurs et mini-jupes sont omniprésents à Bombay (j’en ai parlé ici) mais aussi par l’importante offre de nourriture occidentale : pizza, pâtes mais aussi petits pains, pâtisseries, saumon (de Norvège !), quinoa etc…En outre la ville semble offrir un plus large choix d’évènements et d’activités culturels : on trouve de belles galeries d’artistes contemporains, des concerts de musiques variées, des ateliers créatifs, bref ce dont beaucoup rêvent à Chennai.

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Au loin, le quartier des affaires...il faisait gris et la photo est penchée mais bon...

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Les jardins suspendus construits sur un ancien réservoir d'eau

Alors Mumbai, la ville indienne où il fait bon vivre ? Personnellement, je serais plutôt tentée de répondre non… Si nous avons bien pu profiter de la ville, nous avons tous trois été choqués et gênés par les regards évocateurs de groupes de jeunes hommes dont nous avons été victimes. En 7 mois en Inde, je m’étais habituée aux regards curieux, surpris, parfois un peu insistants des indiens et indiennes du Sud mais à Mumbai, je me suis vraiment sentie scrutée de façon désagréable, comme si, pour le dire crûment, j’étais un bout de viande. En trois jours, nous avons eu droit à tout un lot de regards évocateurs, de remarques murmurées en hindi à notre passage, de clins d’oeil et même de propositions franches : au milieu d’une rue, un jeune d’un quinzaine d’années nous à lancé un « Do you want to f**k ? » (inutile de traduire pour ceux qui ne parlent pas anglais, ils peuvent imaginer  la teneur du propos !).

Finalement, ce n’est que en sortant du centre ville et en nous dirigeant vers les quartiers des bazaars, bien plus populaires, que nous nous sommes sentis plus à l’aise. Là-bas, nous avons certes attiré des regards, mais ils étaient bien plus inoffensifs que ceux qu’on rencontra dans le centre… Je garde donc de Mumbai un sentiment contrastré : j’ai apprécié la ville, ses couleurs et son animation mais tout cela a été partiellement gâché par la violence palpable de la ville environnante, violence qui apparaît dans les regards, dans les gestes et dans les mots. C'est dommage, car la ville mérite vraiment d'être visitée!

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Quartier à proximité des bazaars où on peut voir de très belles mosquées

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Dhobi Ghat, une immense laverie à ciel ouvert

Prochain carnet de route: le Rajasthan!