Il serait difficile, à mon avis, de ne pas aimer le Rajasthan tant il offre à nous les touristes ce que nous sommes venus chercher en Inde : de l’exotisme, de magnifiques bâtiments, des logements de qualité et tout un tas d’objets traditionnels (ou non) qu’on peut acheter à un prix dérisoire. Cela explique sans doute pourquoi la région est une des plus visitée de l’Inde et pourquoi une grande partie des idées que l’on se fait en Europe de ce pays (Maharaja, palais, tissus brodés, turban…) proviennent en fait de cette région.

Malgré une légère impression de déjà vu et malgré 7 mois de vie en Inde, ce voyage au Rajasthan m’a dépaysé. Les habits, les gens, la langue, les pratiques, la nourriture, l’architecture…tout cela m’a paru bien différent de ce que j’avais vu dans les alentours de Chennai. D’ailleurs, les indien-ne-s  eux-mêmes vous le diront – parfois de façon un peu extrême- il n’y a rien à voir entre le Nord et le Sud ! Je ne suis pas exactement de cet avis ; il y a bien quelques constantes (le bruit, les odeurs, les embouteillages, les couleurs) mais il est vrai que le Rajasthan m’a donné une impression différente de l’Inde, comme si tout était accentué : plus coloré, plus pauvre, plus traditionnel, plus violent, parfois plus charmant…

Je garderai du Rajasthan un excellent souvenir même si je sais qu’en deux semaines, je n’ai vu qu’une minuscule partie de ce que la région a à offrir. Pour vous donner une idée, j’ai décidé de vous présenter mes trois coups de cœur ; ceux qui ont déjà visité le Rajasthan penseront sûrement que je ne suis pas allée les chercher bien loin ; quant à ceux qui n’y sont pas allés, j’espère que cela leur donnera envie de s’y rendre!

Jal Mahal (Amber Palace) à Jaipur

Le Jal Mahah, construit à la fin du XVIe siècle par Raja Man Singh au sein de la forteresse d’Amber, est le premier palais que nous ayons visité en arrivant au Rajasthan, c’est peut être pourquoi j’en garde un si bon souvenir. Je n’avais jamais rien vu de tel (à part en photo, mais ça ne compte pas) et j’ai été émerveillée par la beauté de l’endroit. En arrivant par la route de Jaipur, nous avons découvert progressivement un magnifique ensemble : un palais construit sur une colline, surplombant un lac, le tout entouré de fortifications. Une fois descendus du minibus bondé, nous avons dû un peu grimper pour rentrer dans le fort par la porte du soleil (si on est riche et/ou flémard, on peut toujours monter en éléphant mais bon..) et admirer de loin les belles façades du palais. Une fois entrés dans le palais en tant que tel, nous avons pu, munis de notre audio-guide, découvrir les différentes parties du palais  avec entre autres le hall des audiences publiques (Diwan i Amm), celui des audiences privées (Diwan I Khas), la chambre de la mousson (Sukh Niwas), le jardin des femmes, le Zenana un lieu réservé aux femmes du palais où les hommes (à part le Maharaja) étaient interdits d’accès. Quand j’y pense, je ne sais pas ce qui m’a le plus plu dans cette visite entre les colonnes et les façades finement sculptées, les procédés ingénieux pour gérer l’eau et la chaleur ou les petits couloirs où il est agréable de se perdre. Ce qui est sûr, c’est que je ne regrette pas cette visite qui m’a permis de voir un bel exemple de l’architecture rajpoute et d’en apprendre un peu plus sur la vie des femmes, des artistes du palais, de la cour et du Maharaja lui-même.

P1080739Hall des audiences privées et jardin

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Façades ciselées derrière lesquelles les femmes du palais observaient la vie de l'extérieur

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 Vue du palais sur la ville d'Amber

Jaisalmer

C’est après un bus de nuit assez miteux que nous sommes arrivés à Jaisalmer. Après s’être fait « harcelés » par les rabatteurs des hôtels comme le veut la coutume, on a enfin pu lever nos yeux endormis sur ce qui se trouvait devant nous : une forteresse magistrale s’élevant au dessus d’une ville couleur sable.

Construite entre le XIIe et le XVIe siècle, la forteresse de Jaisalmer se trouve à proximité du désert du Thar et de la frontière du Pakistan. Tout autour des fortifications s’étend la ville avec un partie moderne et une partie ancienne, cette dernière offrant un dédale de petites rues charmantes bordées de nombreuses Havelis (des maisons très élaborées construites à partir du XVIIIe siècle par de riches marchands).

Jaisalmer est une ville très touristique comme on le remarque par l’omniprésence des guesthouse, des restaurants offrant de la nourriture soi-disant occidentale et les très nombreux marchands vendant des pantalons avec des motifs d’éléphants (une preuve infaillible de la popularité d’un endroit en Inde). Pour autant, une fois passée la zone centrale, il est facile de se perdre dans le labyrinthe des petites rues et d’être témoin de scènes bien authentiques (parties de carte entre papys, lessive, marché, discussions animées…). Outre la beauté de la forteresse et de sa ville ancienne, Jaisalmer offre un magnifique ensemble de temples jaïns datant du XVe siècle où on peut voir des colonnes finement ciselées et de très belles sculptures.

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Temple jaïns

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Vue des fortifications sur la ville

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Ensemble d'havelis remarquables construits par un marchand pour ses 5 fils

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Arrivée dans la forteresse de Jaisalmer

Enfin Jaisalmer, en raison de sa proximité avec le désert du Thar, s’est spécialisée  dans l’offre de camel safari, des excursions en chameau dans le désert prisées par les touristes. Comme (presque) tout le monde, nous avons tenté l’expérience et nous sommes revenus avec un sentiment un peu mitigé, il faut le dire. Les plus : avoir l’impression pendant quelques heures d’être un-e aventurier-e, l’opportunité de traverser des villages reculés pour voir les modes de vie des habitants du désert du Thar, observer le coucher de soleil  et avoir la chance de dormir à la belle étoile sous un ciel clair et étoilé. Les moins : se retrouver avec des chameliers non-professionnels qui semblent assez ennuyés d’être là (l’un deux se révèlera être un berger…bon.), se faire disputés par les enfants des villages traversés parce qu’on ne leur donne pas d’argent, se sentir coupable de charger/d’utiliser ces pauvres chameaux juste pour se donner un petit frisson, se rendre compte au bout d’une heure que faire du chameau, c’est douloureux !

Malgré tout, je ne regrette pas l’expérience. Je pense que c’est bien d’essayer au moins une fois quitte à se dire comme moi qu’on ne m’y reprendra plus ! Je garderai un très bon souvenir de cette nuit dans le désert et j’espère revivre une telle expérience, seulement de façon différente.

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Ou que l'on soit en Inde, il y a toujours quelques chèvres qui sortent de derrière les fagots (ou buissons)

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Pas de commentaire...

 

Le fort de Bundi

Dernière sur la liste de nos étapes, la ville de Bundi a réussi à clore en beauté notre voyage au Rajasthan. Connue comme « la cité des Sources » en raison de la présence de nombreux puits impressionnants, Bundi est une ville vivante et colorée où il est agréable de flâner. Du centre ville, on remarque deux constructions imposantes, le Garh palace et le fort de Taragarh, c’est ce dernier que nous avions décidé de visiter le dernier jour. Ce fort datant du XIXe est à l’abandon depuis assez longtemps ce qui explique l’omniprésence de mauvaises herbes et de singes. Pour éviter toute attaque de ces derniers, les locaux conseillent de se munir d’un bâton (qu’on peut acheter pour 20 roupies devant le fort). L’idée n’est pas de s’en servir comme une arme mais plutôt comme un moyen de dissuader les groupes de singes de s’approcher en tapant le sol avec.  Au début, nous étions un peu perplexes, mais après avoir traversé un endroit où une quinzaine de singes se trouvaient sans se faire ennuyer, on s’est dit que c’était efficace. Nous avons donc pu commencé sereinement l’ascension vers le sommet du fort accompagnés d’un chien venu se joindre à nous quelques minutes après notre départ. En suivant le chemin, nous avons traversé d’anciennes parties en ruine où il régnait une atmosphère paisible. En deux heures de visite, nous n’avons croisé qu’un groupe de trois personnes et nous avons donc pu nous balader tranquillement dans ses anciens bâtiments, grimper sur le toit et sur les fortifications et essayer de décrypter les nombreux graffitis inscrits sur les murs. Une fois arrivée à la tour la plus haute du fort, nous avons été récompensés par la belle vue qui s’offrait à nous : les constructions bleutées de Bundi entourées par les montagnes et par deux étendues d’eau. Après il a fallu redescendre pour se préparer au retour mais avec des images plein la tête !

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Deux singes qui se font la tête

P1090831Vue sur la ville bleue

P1090858La ville, les montagnes, le réservoir et un puit à sec

P1090847Une cour intérieure

P1090851Façade d'une des parties en ruine (des restes de fresques sont visibles)

P1090875Les remparts d'où on peut observer la belle vue

 Prochaines et dernière étapes: le Kerala et le Tamil Nadu